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‘la géographie des souvenirs’

25/02/2014

ma sœur m’a inscrite à une campagne et je reçois chaque semaine, par la poste, une lettre écrite par un.e des écrivain.e.s qui sera au salon du livre du grand sudbury au mois de mai.

en lisant ces lignes de la lettre de sonia lamontagne, une nostalgie bien triste m’a assailli.

« Vous arrive-t-il de vous réveiller avec l’impression, non pas la prétention, de tout pouvoir rebâtir avant que le soleil se lève? de réaménager l’espace avant que la lumière en trace les contours? »

je sais ce dont elle parle. la réponse est non.

pour longtemps, je savais orchestrer cette expérience. quand j’habitais en nouvelle-écosse, sans vrai boulot, je pédalais régulièrement jusqu’au bord de l’eau pour étaler mes calepins sur la rive rocheuse et y rédiger des strophes ou des lettres en sirotant du café chaud. ou quand, dans mon propre petit appartement, j’avais pris soin d’installer mon bureau près de la plus grande fenêtre pour que je prenne le goût, pas mal chaque matin, de m’y jucher pour écrire. parce qu’à force de rédiger on rédige davantage. parce que, chez moi, cet effort créatif, cette concentration et cette discipline sèment le calme et l’équanimité. et nourri cette impression de pouvoir tout (re)bâtir.

je les ai lu bien tard, ces lignes, et une peur m’a avalé la quiétude : la peur que je me suis embarquée dans une vie qui ne laisse pas suffisamment de temps et de place pour cette création et ce calme. avec un copain plein de projets et un bambin qui bouge tout le temps, prendre le temps (pas « l’avoir » mais le « prendre ») n’est pas toujours chose facile. ou possible.

et si on se sent le plus comme soi quand on parvient à « refaire sa place au quotidien » et à « être plus près de l’ailleurs que de l’ici », d’être inexorablement dans « l’ici » (comme l’est sans doute toute nouvelle maman, toute personne sur le bord d’un grand déménagement), d’avoir ses horizons étriqués ainsi, n’est pas très rassurant. et ça use.

One Comment leave one →
  1. Monique permalink
    16/04/2014 12:03

    Ce calme et cette créativité est source de vie. Si on arrête de ‘prendre’ le temps pour y coincé un petit espace dans nos journées, on fini par se perdre. On existe mais on est jamais tout à fait présent.

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